De très loin la plus importante
Qui finance les retraités actuels pendant que les actifs commencent à capitaliser ?
Aujourd’hui, les cotisations prélevées sur les actifs servent immédiatement à payer les pensions actuelles. Si demain ces mêmes cotisations sont placées sur des comptes individuels, elles ne sont plus disponibles pour les retraités déjà présents.
Le simulateur ne finance pas ce manque. Il calcule comme si les 25 % du salaire pouvaient être investis intégralement dès le premier jour, tout en supposant implicitement que les pensions actuelles continuent d’être payées ailleurs. C’est une hypothèse très favorable.
Les solutions possibles ne sont pas gratuites
Une transition réelle combinerait probablement plusieurs leviers.
Une génération pourrait devoir financer à la fois les retraités et son propre capital.
L’État pourrait emprunter, mais la charge serait reportée dans le temps avec des intérêts.
Seule une petite part des cotisations serait d’abord capitalisée, sur plusieurs décennies.
Cette option réduirait le coût budgétaire, mais créerait des perdants clairement identifiables.
Aucun de ces choix n’est neutre. Le coût dépendrait du calendrier, des droits déjà acquis, de la démographie, du niveau des pensions garanti et de la part réellement transférée vers la capitalisation.
Conséquence pour votre résultat
La pension affichée par capitalisation est un résultat « avant coût de transition ».
Elle répond à une question théorique utile — que deviendraient les cotisations si elles étaient investies ? — mais pas à la question budgétaire complète : comment passer du système actuel au nouveau système sans payer deux fois les mêmes ressources ?
Les autres limites
Ce que le modèle simplifie également
Des marchés irréguliers
Le calcul applique un rendement identique chaque année. Dans la réalité, une forte baisse juste avant ou après le départ peut peser davantage qu’une baisse survenue en début de carrière.
Une fiscalité inconnue
Le modèle ne prélève pas d’impôt sur les versements, les plus-values ou la pension. Or un futur système devrait définir sa propre fiscalité et ses éventuels avantages.
Des frais supposés très faibles
Les frais restent fixés à 0,3 % par an. Ils pourraient être plus élevés selon la gestion, les intermédiaires, les garanties et l’organisation collective retenue.
Une carrière trop régulière
Le salaire progresse selon un taux constant. Chômage, temps partiel, maladie, reconversion, expatriation et variations de rémunération ne sont pas reproduits avec précision.
Une cotisation théorique de 25 %
Le simulateur redirige une part large des cotisations salariales et patronales vers un compte individuel. Ce taux ne serait pas nécessairement disponible intégralement dans un vrai système.
Un capital épuisé à 100 ans
Le simulateur organise les retraits pour que le capital arrive à zéro à 100 ans. Si la personne vit au-delà, la pension simulée s’arrête : sans rente viagère, assurance longévité ou garantie collective, elle n’aurait plus de revenu issu de ce capital.
La solidarité à reconstruire
Minima de pension, réversion, handicap, maternité, chômage et droits familiaux sont aujourd’hui mutualisés. Un système par capitalisation devrait décider comment les financer et les garantir.
Une estimation actuelle simplifiée
La retraite par répartition dépend du relevé de carrière, des trimestres, des points complémentaires et des règles propres à chaque régime. Notre estimation automatique reste un ordre de grandeur.
Aucun risque politique ou réglementaire
Les règles d’épargne, de sortie, de garantie et de fiscalité peuvent changer sur plusieurs décennies. Le simulateur suppose au contraire un cadre stable.
Des effets économiques non modélisés
Une réforme de cette taille pourrait profondément modifier l’épargne, le financement des entreprises, la transition écologique, les marchés financiers, la dette publique et la croissance. Ces effets peuvent être positifs ou négatifs ; le simulateur ne les chiffre pas.
À quoi sert alors le simulateur ?
À comprendre l’accumulation d’un capital sur une carrière et à comparer des ordres de grandeur sous des hypothèses visibles. Il sert à ouvrir une discussion, pas à chiffrer à lui seul une réforme nationale.